An iPhone, what else?

via iphon.fr

et MobileBeat

L’effet prévalence

Je suis tombé sur un article intéressant sur le site de NPR (merci Thérèse pour la découverte, même si dans ce cas, c’est Twitter qui me l’a fait découvrir).

Il discute des performances des humains chargés de dépister une anomalie, dans ce texte une radiologue à la recherche d’une calcification mammaire et un membre de la sécurité aéroportuaire chargé de regarder les scopies des bagages à la recherche d’explosifs ou d’armes.

Leurs performances sont influencées non seulement par les capacités de leur cerveau et par les lois statistiques.

Je vais être bref, on ne sait pas grand chose des capacités du cerveau, un domaine « cognitively impenetrable » comme le dit si bien un ophtalmo spécialiste de l’attention visuelle.

J’ai fait le test de l’article, n’ai pas vu consciemment la différence, mais j’ai quand même fait juste les deux fois.

Hasard?

Pour les statistiques, je pense que c’est encore Bayes qui a fait le coup.

Prenons un agent de sécurité lambda que l’on mute au choix dans un aéroport à risque terroriste élevé ou faible.

Dans un aéroport à faible risque terroriste, l’agent de sécurité aura une valeur prédictive positive (VPP) faible et une valeur prédictive négative (VPN) élevée. Autrement dit, si il voit quelque chose sur la scopie, il y a un faible probabilité qu’il y ait effectivement quelque chose. Par contre, si il ne voit rien (ce qui arrive le plus souvent), la probabilité qu’il y ait effectivement rien sera élevée. C’est plutôt rassurant.

Par contre, dans un aéroport à fort risque terroriste, ce sera l’inverse. La VPP sera élevée et la VPN basse. Si il voit quelque chose, ce sera très probablement un vrai risque. Si il ne voit rien, la probabilité qu’il y ait effectivement rien sera plus faible.

C’est pourtant l’inverse de ce que l’expérimentation décrite dans l’article suggère:

In one experiment, Wolfe took 20 X-rayed images of luggage stuffed with guns and knives, and mixed those images into stacks of images of X-rayed luggage that didn’t have guns and knives. « If you stick those 20 bags into a stack of 40 bags, so on average there’s a gun and knife in 50 percent of the bags, » Wolfe says, « people missed about 7 percent of the bags. « But when he took the exact same 20 bags and stuck them in a stack of 2,000 bags so that the targets showed up only 2 percent of the time, people got significantly worse. « All of a sudden, people were missing about 30 percent of the bags, » Wolfe says.

Cerveau et statistiques se contrecarrent dans ce cas précis

Bon bien sûr, cela ne prend pas en compte les différents niveaux de sécurité mis en place par les autorités aéroportuaires en fonction du risque terroriste « local » qui vont faire varier la sensibilité et la spécificité des contrôles et donc leurs valeurs prédictives.

Bref, un article enrichissant…

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 Guns, Tumors And The Limits Of The Human Eye, by Alix Spiegel. NPR

De l’importance des règles hygiéno-diététiques

Un article à paraître dans Circulation, et son éditorial viennent encore enfoncer le clou sur l’importance du respect des règles hygiéno-diététiques chez le coronarien.

La cohorte étudiée est énorme, 18809 patients dans 41 pays tirés d’une gigantesque étude sur les HBPM, OASIS-5.

Les auteurs ont demandé 30 jours après un syndrome coronarien si les patients:

– fumaient (non fumeurs/fumeurs persistants/anciens fumeurs « anciens », c’est à dire avant l’inclusion dans OASIS-5 et anciens fumeurs « récents » qui ont arrêté depuis l’inclusion)

– faisaient de l’exercice (>30 minutes, trois fois par semaine)

– suivaient un régime diététique adapté (non détaillé)

Les évènements cardiovasculaires (syndromes coronariens, accidents ischémiques cérébraux et mort d’origine cardiovasculaire) et la mortalité toute cause étaient comptabilisés à 6 mois.

Dans les pays développés, 30 jours après un accident coronarien, 63.4% des patients avaient arrêté de fumer (69.9% dans les autres pays). Il existe d’ailleurs une curieuse hétérogénéité puisque la cessation du tabac s’étale de 38.8% en Europe de l’Ouest à 90.5% en Inde.

On est les plus mauvais, et ce n’est pas glorieux…

Dans toute la cohorte, 28.5% des patients ne font ni régime ni exercice, 41.6% suivent l’un des deux, 29.9% les deux.

Par contre, pour ce qui est de manger du comprimé, on est globalement meilleurs:

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Cela confirme encore une fois qu’il est plus facile de faire avaler un cachet à un patient plutôt que de changer son mode de vie.

Alors, à 6 mois, qu’est-ce que cela donne?

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Par rapport à un fumeur actif, un fumeur repenti aura un Odds Ratio à 0.57  pour les syndromes coronariens et de 0.74 pour le critère combiné (syndrome coronarien+accidents ischémiques cérébraux+mort cardio-vasculaire).

Les patients qui respectent la diète et la pratique régulière d’une activité physique ont un Odds Ratio à 0.52 par rapport aux autres.

Ceux qui continuent à fumer et ne font rien ont à 6 mois un risque de 3.8 de présenter un évènement du critère combiné par rapport à ceux qui n’ont jamais fumé et qui suivent régime et activité physique.

On voit d’ailleurs, que ce sont souvent ces règles hygiéno-diététiques, ou plutôt leur non pratique qui font pencher la balance du mauvais côté, et ce, quel que soit le statut tabagique.

Ce qui est frappant dans cette étude, outre la magnitude de l’amélioration du pronostic entre les différents groupes est la précocité de l’effet des règles hygiéno-diététiques qui apparait en 6 mois.

Les disparités régionales sont aussi intéressantes à remarquer. Ce sont les indiens qui font le mieux la diète et cessent le plus le tabagisme. Ce sont les australiens qui font le mieux l’exercice physique régulier. L’Afrique du Sud est la pire pour la diète et l’exercice et la seconde pire pour le tabac, juste derrière nous.


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Clara K. Chow, Sanjit Jolly, Purnima Rao-Melacini, Keith A.A. Fox, Sonia S. Anand, and Salim Yusuf. Association of Diet, Exercise, and Smoking Modification With Risk of Early Cardiovascular Events After Acute Coronary Syndromes. Circulation 2010: published online before print February 1, 2010, 10.1161/CIRCULATIONAHA.109.891523


Neal B. Patel and Gary J. Balady. The Rewards of Good Behavior. Circulation 2010: published online before print February 1, 2010, 10.1161/CIR.0b013e3181d40d57.

Reed Miller. Changes in diet and exercise can make a big difference within six months of ACS. theheart.org. [Clinical Conditions > Acute Coronary Syndromes > Acute coronary syndromes]; Feb 5, 2010. Accessed at http://www.theheart.org/article/1045581.do on Feb 7, 2010

Dans quel monde on vit…

Un article du NYT (j’en lis autant que je peux avant qu’il ne devienne payant 😉 ) m’a fait découvrir le phénomène des « My Way Killings ».

Littéralement, les morts violentes liées à l’interprétation de My Way de Paul Anka dans des bars à karaoké, notamment  philippins.

Si l’on en croit l’article, la société philippine est violente et les philippins fiers de leurs vocalises. Si on rajoute à cette soupe de sorcière une femme, même de petite vertu, on obtient un mélange explosif.

Alors pourquoi « My Way »?

Le papier donne quelques explications assez alambiquées.

Mais le fait que plusieurs meurtres soient survenus au cours de cette chanson a fait naître une légende urbaine et in fine, de nombreux bars l’ont supprimé de leur répertoire.

Mais la tension, notamment sexuelle, est telle que qu’ils emploient souvent des employés homosexuels, qui ne sont pas perçus comme des rivaux, afin de  la faire baisser d’un cran.

Et ainsi éviter un bain de sang à cause d’un regard de travers. En effet, environ 1 million d’armes de poing illégales circulent aux Philippines.

Il y a quelque chose dans l’eau, ou dans la nourriture, là-bas ?



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Sinatra Song Often Strikes Deadly Chord. By Norimitsu Onishi. The New York Times. Published: February 7, 2010