Médecine virtuelle.

Cet article du WSJ parle du développement de la « e-médecine », c’est à dire de la consultation via messagerie électronique ou via un portail internet plus ou moins sophistiqué.

Pour l’instant, cela se passe aux EU.

Tout le monde semble y trouver son compte.

Le patient, qui évite de perdre du temps à aller chez le médecin, ce qui permet aussi de dimunuer sensiblement le délai d’attente pour obtenir la consultation. Par ailleurs, les honoraires demandés pour ces « e-consultations » sont bien moindres, ce qui n’est pas négligeable en temps de crise. Au passage, vous remarquerez qu’une fraction d’honoraires aux EU correspond au total chez nous 😉 .

Le médecin, qui peut en théorie augmenter son débit de consultation, et qui bénéficie d’une logistique « tout numérique » qui permet de diminuer les coûts de fonctionnement de son cabinet.

Et enfin, les assurances privées, qui n’ont donc à rembourser qu’un fraction des honoraires habituels.

En fait, tout le monde y trouve en effet son compte d’un point de vue comptable.

Mais est-ce bon pour la santé?

Ce sytème est parfaitement pervers car il nie purement et simplement ce qui est pourtant la base de notre métier. Base qui est pourtant déjà largement sous évaluée par la tarification de l’assurance publique au détriment des actes techniques, je veux parler de l’examen clinique et dans une large part l’interrogatoire.

L’idée de soigner quelqu’un via un message électronique me semble totalement aberrante: pas d’examen clinique possible, contre-interrogatoire difficile, aucune proximité entre le médecin et son patient…

Pour moi ce n’est tout simplement pas de la médecine.

Je ne suis pas contre les outils d’aide aux soins comme le dossier électronique et la prescription numérique (je rêve de pouvoir envoyer à la pharmacie des ordonnances numérisées que le patient ne pourra pas perdre, ni en oublier le renouvellement), mais notre métier, en tout cas dans le cas des cliniciens est fondamentalement analogique.

Mais comme ça fait faire des économies et que tout le monde semble s’en accomoder, cet ersatz de médecine devrait débarquer chez nous dans quelques années sous la bienveillante pression de ceux qui veulent limiter les dépenses de santé.

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Presque aucun rapport avec ce qui précède.

Le WSJ n’est pas en accès totalement libre, contrairement au NYT et au journal Le Monde (sous réserve que l’article ne passe pas dans les archives). Par contre, il l’est pour ceux qui ont téléchargé l’application WSJ pour iPhone. Non seulement vous pouvez lire l’article sur votre mobile, mais vous pouvez l’envoyer par messagerie électronique à quelqu’un, qui pourra le lire en entier sur son ordinateur. C’est ce que j’ai fait pour cet article et celui sur Steve Jobs.

3 Replies to “Médecine virtuelle.”

  1. En France, ça existe déjà, c’est le forum de Doct…imo, où pleins de gens non-médecins diagnostiquent des maladies uniquement grâce au forum…
    Et pour l’e-consultation, outre le soucis de l’examen clinique, comment être sûr de se retrouver à communiquer avec un médecin et pas son fils de 15 ans qui joue au docteur pendant que papa est au golf ?

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