Ghostwriting encore, encore et encore…

J’en ai déjà parlé très abondamment, il suffit de taper ce mot dans le moteur de recherche des deux “Grange Blanche”, l’ancien et le récent pour le constater.

Mais je vous fournis ces deux liens qui reprennent un peu l’histoire de la mise à jour de cette pratique scientifique frauduleuse, et surtout sa prise de conscience aux Etat-Unis.

Medical Editors Push for Ghostwriting Crackdown. The New York Times. By Natasha Singer and Duff Wilson. Published: September 18, 2009.

Medical Journal Ghostwriting: Time to Do Something?. The WSJ’s Health Blog.By Shirley S. Wang. September 18, 2009.

Ghostwriting…

J’en ai déjà parlé au moins une demi-douzaine de fois, mais la prise de conscience de ce phénomène s’étend aux États-Unis.

En ce moment, après Merck, ce sont les laboratoires GSK et surtout Wyeth qui sont sur la sellette aux États-Unis.

Le NYT a publié deux articles récents (cf infra), et le Health Blog du Wall Street Journal m’a fait connaître le bel acronyme de ce qu’était le programme “maison” de GSK: CASPER!

Les articles du NYT décrivent très bien le mécanisme du ghostwriting, notamment grâce à des copies de documents obtenus au cours de procès en cours.

Un laboratoire pharmaceutique “commande” à une officine spécialisée un article, par exemple une revue de la littérature, voire carrément un article scientifique.

L’officine rédige un brouillon et le soumet à l’approbation du laboratoire.

Une fois approuvé, l’article est soumis à un auteur, si possible prestigieux, afin qu’il y appose sa signature.

L’article signé est proposé à une revue, là aussi si possible prestigieuse.

La revue publie l’article, probablement rassurée, voire attirée par sa signature.

Ensuite, le service commercial a beau jeu d’inonder les médecins de fac-similés d’articles ventant les bienfaits de la molécule en question.

Dans cette histoire, le plus délicat est de savoir ce que fait exactement le signataire de l’article. Se contente-t-il de signer, ou participe-t-il vraiment à son élaboration? En général, et c’est le cas dans l’article du NYT, les auteurs se défendent en disant que leur apport à l’élaboration du texte s’est fait au cours de réunions, par exemple téléphoniques, et donc que leur travail n’est pas “visible” sur les documents internes des différents intervenants.

Mais il est très facile de comparer le brouillon écrit par l’officine et le papier final publié pour se faire une idée de qui a réellement fait quoi.

Les auteurs du  Health Blog précisent que l’industrie pharmaceutique a publié de nouvelles recommandations qui bannissent de tels agissements.

J’espère que ce ne sont pas des vœux pieux.

Malgré la litanie de scandales que j’égrène dans ces lignes depuis un peu plus de quatre ans et demi, je m’étonne encore une fois de plus du fossé qui sépare la réalité, de l’image profondément humaniste que l’industrie se façonne auprès des patients et des médecins.

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Medical Papers by Ghostwriters Pushed Therapy. By Natasha Singer. The New York Times. Published: August 5, 2009

Senator Moves to Block Medical Ghostwriting. By Natasha Singer.The New York Times. Published: August 19, 2009

Encore et encore…

Le NYT révèle ce matin une autre histoire de “Ghostwriting”.

Ce n’est pas la première affaire de ce type, ni la dernière.

Mais c’est simplement pour vous rappeler que les services commerciaux de l’industrie pharmaceutique pallient finalement assez souvent aux insuffisances des molécules sorties de leurs départements “Recherche et Développement”.

En toute convivialité, et toujours pour le bien de l’humanité, bien sûr.


Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique.

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien.

Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique.

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien.

Il faut faire confiance à l’industrie pharmaceutique.

L’industrie pharmaceutique nous veut du bien…


Photobucket©The Disney Company


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Medical Papers by Ghostwriters Pushed Therapy. The New York Times. By Natasha Singer. Published: August 5, 2009