Something is rotten in the state of Denmark.

Un tweet de Denise Silber m’a fait connaître ce site qui arbore un certificat HON bidonné. Denise précise dans un tweet ultérieur que HON est au courant et va demander le retrait de ce certificat.

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Ce faux certificat est très bien fait puisque les concepteurs ont poussé le détail jusqu’à inclure un lien vers une page du site de HON qui explique ce qu’est cette certification. Bien entendu, il n’y a pas de lien vers un certificat, puisqu’il n’y en a pas.

Par ailleurs, l’Add-On HONcode de firefox détecte parfaitement que ce site n’est pas certifié:

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Plusieurs remarques.

Une vision “optimiste” de cette histoire, c’est que si il existe des faux et des faussaires, c’est que ce certificat représente quelque chose.

Une vision “pessimiste”, c’est que hormis les quelques adeptes de la santé 2.0 que nous sommes, qui serait capable de dépister cette supercherie ? Certainement pas Madame Michu qui recherche des informations santé sur le net, et probablement bien peu de professionnels de santé.

La suite de cette histoire va être fondamentale pour la crédibilité de la certification HON.

Soit HON obtient d’une façon ou d’une autre le retrait rapide de ce faux, et dans ce cas, on pourra continuer à apporter un crédit minimal au rôle de “gendarme du net santé” qu’on a bien voulu lui faire endosser (et que HON n’a pas refusé, d’ailleurs). Soit elle ne peut pas faire retirer ce faux, et je crois que son crédit risque d’en prendre un sérieux coup. Je ne parle pas de sa valeur intrinsèque qui sera inchangée, mais de la signification qu’aura ce certificat pour l’utilisateur lambda d’un site de santé. Car si il il faut passer un DIU de HONCodologie pour différencier correctement un vrai certificat d’un faux, je pense que le but initial de cette certification qui était de mettre en avant des sites de “qualité” risque de ne pas être atteint, voire pire, risque de promouvoir des sites poubelles ayant un faux certificat de toute beauté.

J’ai quand même un contre exemple.

L’an dernier, Philippe Foucras, du FORMINDEP m’avait fait remarquer qu’un site arborait un certificat “reexam” et qu’il lui semblait bien ne pas être certifié. En effet, l’Add-On indiquait que ce n’était pas le cas. J’ai alors envoyé un mail à HON pour demander si ce site était certifié ou non. La réponse a eu le mérite d’être claire, si l’Add-On dit qu’il n’est pas certifié, c’est qu’il ne l’est pas. Alors pourquoi ce certificat “reexam” qui laisse à penser qu’il y a un ré-examen en cours alors que le site n’est en fait plus certifié?

En retournant sur le site quelques temps après, et j’ai revérifié ce matin, le certificat a effectivement été enlevé.

Pour terminer j’ai aussi découvert grâce à une note du 24/10/09 sur l’excellent ScienceRoll un autre exemple que j’ai un peu de mal à analyser, celui du site de l’ADA (Australian dental Association).

L’auteur de ScienceRoll, Bertalan Meskó (Berci pour les intimes)  reprend une histoire datant du 25 août 2009, que je ne vais pas ré-écrire en détail, mais que vous trouverez en totalité ici. Je ne vais pas me prononcer sur le fond, à savoir si le site mérite la certification ou pas, mais sur la forme.

L’ADA arbore depuis août, et de façon certaine depuis le 24/10, date à laquelle j’ai lu la note de Berci un certificat “reexam” qui oriente vers cette page, le tout laisse à penser, encore une fois que ce site est certifié. Or, l’Add-On dit que non.


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Que signifie donc ce certificat?

Que le ré-examen se poursuit? Mais dans ce cas, le fait que cette procédure dure plusieurs mois (depuis octobre, peut-être depuis août) enlève quand même pas mal de sérieux à l’opération qui est censée durer de 2 à 4 semaines comme indiqué ici par HON. Le certificat précise par ailleurs que la dernière réévaluation de HON date du 10/12/09. L’histoire continue, donc. Les auteurs du site joueraient-ils la montre?

Si le site n’est en effet plus certifié, pourquoi ne voit-on pas le logo “Invalid”?

Si il l’est, mais en ré-examen, pourquoi l’Add-On indique le contraire?

Ces exemples n’altèrent pas la valeur de la certification HON, puisqu’ils sont pour l’instant, semble-il, anecdotiques.

Mais une clarification mériterait d’être effectuée, notamment pour cette histoire de “reexam” qui n’en finit pas.

Il faudrait aussi trouver un moyen technique pour lutter contre la contrefaçon et permettre aux non spécialistes, à qui cette certification est tout de même destinée en premier lieu, de s’y retrouver sans faire de méningite, et surtout sans se tromper.

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Edition: JFG signale que la page HON pointée par le site “Fédération des Spécialités médicales” porte maintenant l’avertissement suivant:

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La voie étincelante de l’avenir radieux

“Cela signifie que nous devons prêter attention à l’aspect quantitatif d’une situation ou d’un problème et faire une analyse quantitative fondamentale.”

“Dès qu’un problème se pose, convoquez une réunion, mettez-le sur le tapis, discutez-le, prenez des décisions, et le problème sera résolu. Si des problèmes existent, mais ne sont pas mis sur le tapis, ils resteront longtemps sans solution, et pourront même traîner des années durant.”

Ces deux extraits pourraient parfaitement être tirés d’un manuel de certification mais ils sont issus du “Petit Livre Rouge” que j’ai parcouru ce matin.

Ne vous inquiétez pas, je n’ai pas viré communiste durant la nuit, mais j’ai lu quelques articles de Wikipedia sur l’accession de Mao au pouvoir, et j’étais assez curieux de lire quelques lignes de ce qui a été la Bible du communisme chinois.

Certaines maximes m’ont donc irrésistiblement rappelé la certification de la clinique, et celle, en cours, du CHU.

Je vais faire plus synthétique que Mao: “Faisons semblant!”.

Tout est dit.

D’autres m’ont fait penser à cette pauvre rose qui maintenant me fait de la peine car elle est totalement ostracisée. Cette semaine, j’ai donc fait un peu de scapulothérapie.

“Seuls les gens qui ont une vue subjective, unilatérale et superficielle des problèmes se mêlent de donner présomptueusement des ordres ou des instructions dès qu’ils arrivent dans un endroit nouveau, sans s’informer de l’état de la situation, sans chercher à voir les choses dans leur ensemble (leur histoire et leur état présent considéré comme un tout) ni à en pénétrer l’essence même (leur caractère et leur liaison interne); il est inévitable que de telles gens trébuchent.”

Uhmm, je crois que c’est plus grave que ce que je pensais, je commence à voir la vie à travers le regard lumineux du glorieux Président Mao.

Un érythème généralisé fulminant?


Termes médico-technocratiques (2)

Nouvelle (petite) fournée récente (les dernières ici et ici):

Sensibiliser sans cesse et auditer.

Et vice-versa…

On fait les choses, il faut formaliser ce qu’on fait.

Faire les choses ne suffit plus depuis l’ère des certifications/accréditations. Avant, ça suffisait, maintenant, non. Maintenant, il faut les “tracer”, les “formaliser”. Les faire n’est que secondaire, et à la limite, on s’en fiche qu’elles soient faites. Ce qui est important pour la certification, c’est qu’on puisse les retrouver sur un bout de feuille ou dans un dossier informatique. Je pense que certains parmi vous pensent que je caricature en disant que formaliser est plus important que faire. Et bien non. Formaliser est bien plus important que faire, c’est même ce qui occupe 90% de nos réunions et entre 20 et 30% de notre “temps médical”, qui porte de moins en moins bien son adjectif.