Depuis toujours j’ai un abonnement ADSL Orange, avec un forfait de mobile de la même société.
Depuis des années je suis satisfait.
Puis j’ai commis l’irréparable, j’ai écouté, pour être exact j’ai cédé aux demandes incessantes de mon épouse pour unifier ces deux abonnements, y adjoindre le dégroupage de notre ligne de téléphone fixe et en prime la TV d’Orange.
Cette merveille de tout en un s’appelle Orange Open.
Ça doit faire 3 semaines que j’ai donc demandé à jouir (vous verrez, le mot est faible) de ce service.
Premier truc bizarre, la migration nécessite la suspension du service ADSL pendant 10 jours. Même opérateur, même ligne téléphonique, mais 10 jours de migration quand même.
Au bout des 10 jours, et après avoir récupéré notre abonnement téléphonique de chez SFR, je me suis dit enfin, de retour sur internet.
Et bien non, l’ADSL ne fonctionnait toujours pas: ni internet, ni TV, ni téléphone fixe.
Je vous passe les détails, mais après 10 jours d’appels incessants, la visite de 2 techniciens, les partie de ping-pong endiablées entre service technique et service commercial, un diagnostic différent fait chaque jour, voire plusieurs diagnostics faits sur un seul jour, j’ai enfin pu récupérer à la maison un accès internet après bien 3 semaines.
On n’a ni téléphone fixe, ni Orange TV (mais je m’en fiche pour les deux), mais j’ai enfin internet, d’où mes billets sur Grange Blanche.
Moralité:
Ne jamais jamais jamais jamais écouter son épouse quand ça concerne internet. Ne faites même pas semblant d’écouter, c’est déjà trop.
Quand un truc marche, n’y touchez pas à moins vraiment que ça en vaille le risque.
Ne jamais penser qu’un truc apparemment simple le soit.
Cette nuit, après “Retour vers le Futur”*, hier, j’ai eu l’impression d’être en pleine guerre des étoiles.
[*Hier, j'ai publié cette courte note sur Google+:
Ce matin, encore un peu embrumé, je rentre dans ma voiture, et alors que j'allais mettre le contact je me rends compte qu'une DeLorean est garée juste devant moi, en sustentation au dessus du trottoir. (á Marseille, la règle est de garer à cheval entre la chaussée et le trottoir)
A bien y regarder, la DeLorean est une C5, c'est même celle de mon voisin. Et elle n'est pas en sustentation, mais posée sur 4 crics. Dans la rue, mon voisin en bermuda et habillé à la diable regarde ce qui reste de sa voiture avec incrédulité. Un des crics est à lui, les trois autres à 3 voitures fracturées sur le trottoir d'en face.
Les voleurs ont été sympas de lui laisser les crics. Parfois ils laissent 4 parpaings.
Le douzième arrondissement, c'est plus ce que c'était...
J'ai eu du mal à compatir sans pouffer tant je pensais à Doc et Marty...
La prochaine fois, ça tombera peut-être sur moi....
]
Tu-tutu, ah, quelqu’un m’a rajouté dans un cercle dans Google+ Tu-tutu, ah, un autre.
Tu-tutu, quelqu’un me cite sur Twitter. Tu-tutu, ah, un message électronique pour me dire que quelqu’un s’est abonné à mon fil Twitter.
Tu-tutu, la FMF (???) sollicite mon opinion sur ce qu’elle doit faire maintenant qu’elle n’a pas signé la convention. Ben, sais pas…
Tu-tutu, quelqu’un a +1 une note sur Google+
Tu-tutu, ah, on me recause sur Twitter.
Bref, ma nuit et celle de mon épouse commençait à ressembler à un groupe de parole de R2-D2 pour les aider à dépasser le handicap de leur bégaiement. J’ai sauté (mollement) sur iPhone et iPad et j’ai tout reconfiguré en mode silencieux.
Dodo, enfin.
Cela m’a fait poser par ricochet la question brûlante de l’utilité de Google+. Par exemple, +Françoise Soros (aka @kiwfranc) a cité ce matin un article intéressant sur la dépendance que nous nous créons vis à vis du numérique. Je ne peux pas vous lier cet article, précédé par les quelques lignes de commentaires de Françoise car elle l’a publié en mode “cercles étendus”, donc en non totalement public. Je pourrais le partager sur mon fil Google+, en mode public, mais bon, on fait quand même mieux en terme d’ergonomie de partage, surtout pour un média social.
[Si vous n'avez pas compris un seul mot à ce paragraphe, c'est du Google+, et à terme je ne pense pas que vous loupiez grand chose.]
Google+, c’est Twitter sans la limitation des 140 caractères, avec des fonctionnalités impressionnantes (les “Bulles”, wouauouh!), mais qui ne me paraissent pas trop utiles, en tout cas pour mon utilisation actuelle des médias sociaux. La levée de la limitation des 140 caractères est paradoxalement la principale limite de Google+. On peut y “traiter” beaucoup moins d’informations que sur un fil Twitter. Et Google+ est dépourvu des outils que mettent à notre disposition même la plus indigente plateforme de blogs. Je ne dirais quand même pas que Google+ est la somme des inconvénients des blogs+twitter, mais en tout cas on est loin de la somme de leurs avantages.
Je crois aussi que la petite irritation, néanmoins amusée quand j’utilise Google+ tient beaucoup dans le fait qu’il s’agit encore d’un autre média social qu’il faudra tout de même prendre en compte d’une façon ou d’une autre.
B., que je suis depuis des années m’a invité l’an dernier à fêter en famille ses 80 ans.
J’étais très content car j’aime beaucoup B. et aussi car elle a une solide réputation de cordon bleu. Comme elle est d’origine malgache, mon épouse et moi nous nous attendions à un festival de saveurs, et nous n’avons pas été déçus.
Son petit appartement propret débordait de membres de sa famille, mais la place d’honneur, sur le canapé, en face de la TV nous attendait.
L’accueil, débordant de gentillesses en était presque gênant, car, il faut bien le dire, je n’ai strictement rien fait de miraculeux pour maintenir B. en forme. De l’attention, une surveillance attentive, oui, mais rien qui puisse justifier d’être vu comme un “envoyé de Dieu”. A la limite, le coronarographiste qui lui a débouché la coronaire droite aurait plus mérité cet honneur que moi.
L’ensemble de la famille, protestante, à l’exception notable d’un membre, catholique romain, est donc très croyante.
Après l’apéritif d’usage, je m’attendais à des actions de grâce avant de débuter les agapes.
De fait, un psautier est prestement apparu entre mes mains. Je l’ai partagé avec mon voisin, la pièce rapportée, le catholique romain. Comme je le connaissais par ailleurs, je lui ai demandé à l’oreille combien de temps ça allait durer. Il m’a fait un grand sourire mi-ironique, mi-résigné: 30 à 45 minutes…
Arrrrggggghhhh.
Je n’allais quand même pas annoner des psaumes pendant 1/2 heure!
Je me suis caché lèvres closes derrière le psautier en souriant à qui me regardait. J’évitais de croiser le regard malicieux de mon épouse qui faisait exactement comme moi à l’autre bout du canapé. Un fou-rire aurait été un faux-pas regrettable.
Le temps et les psaumes passants, ne voyant pas le bout de la litanie, je me demandais ce que je faisais là, dans ce canapé, dans cette situation surréaliste.
Je me souviens notamment d’un passage (merci internet):
1 De David. Mon âme, bénis l’Éternel! Que tout ce qui est en moi bénisse son saint nom!
2 Mon âme, bénis l’Éternel, Et n’oublie aucun de ses bienfaits!
3 C’est lui qui pardonne toutes tes iniquités, Qui guérit toutes tes maladies;
4 C’est lui qui délivre ta vie de la fosse, Qui te couronne de bonté et de miséricorde;
5 C’est lui qui rassasie de biens ta vieillesse, Qui te fait rajeunir comme l’aigle.
6 L’Éternel fait justice, Il fait droit à tous les opprimés.
7 Il a manifesté ses voies à Moïse, Ses œuvres aux enfants d’Israël.
8 L’Éternel est miséricordieux et compatissant, Lent à la colère et riche en bonté;
9 Il ne conteste pas sans cesse, Il ne garde pas sa colère à toujours;
10 Il ne nous traite pas selon nos péchés, Il ne nous punit pas selon nos iniquités.
11 Mais autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, Autant sa bonté est grande pour ceux qui le craignent;
12 Autant l’orient est éloigné de l’occident, Autant il éloigne de nous nos transgressions.
Psaume 103:1-10, version Louis Segond pour les amateurs.
J’imaginais ma fluette B. emportée dans les serres d’un grand pygargue à tête blanche (peut-être l’analogie avec les télévangélistes américains…).
Et ça a duré, duré…
Finalement, nous sommes passés à table et on a encore remercié le Seigneur pour notre repas, ce que j’ai presque fait avec reconnaissance, étant donné que les 30 minutes de prières m’avaient fourbu.
J’avais à côté de moi l’autre invité d’honneur, un pasteur…
Ce dernier et les autres invités étaient très sympas et le repas a été à la hauteur de la réputation de B. qui a eu ainsi une fête d’anniversaire rêvée, flanquée de son médecin et de son pasteur. Quand l’un défaillira, l’autre prendra le relais. Son bonheur faisait plaisir à voir.
Le repas a été délicieux, ce qui a fait passer les quelques nouveaux psaumes qui ont accompagné le traditionnel Happy Birthday entonné à l’arrivée du gâteau à la banane.
J’ai même percé un mystère qui pour moi était jusqu’à ce jour insondable: pourquoi les malgaches, et les comoriens ont des hypertensions aussi sévères et difficiles à traiter alors qu’ils sont en général minces et actifs.
Et bien, je crois que c’est à cause des condiments qu’ils utilisent et qui sont incroyablement salés pour un palais occidental. Le sel est encore là-bas un conservateur qui pallie l’absence de frigos.
Le diable se cache dans les détails, dans l’assiette, et pas sur l’épaule gauche.