2011 in review

The WordPress.com stats helper monkeys prepared a 2011 annual report for this blog.

Here’s an excerpt:

The Louvre Museum has 8.5 million visitors per year. This blog was viewed about 220,000 times in 2011. If it were an exhibit at the Louvre Museum, it would take about 9 days for that many people to see it.

Click here to see the complete report.

Allo, c’est France 2…

La standardiste de la clinique m’appelle et me dit avec une voix un peu impressionnée qu’un journaliste de France 2 souhaite me parler.

Bon, j’étais pas mal occupé ( ;-) ), mais jai pensé que ça pouvait être Jean-Daniel Flaysakier, j’ai donc pris la communication.

Petite aparté, j’ai l’air de faire du name dropping et de me la jouer, mais à part cette semaine où j’ai déjà été sollicité par la presse, ma vie est remarquablement banale comme l’est celle d’un très obscur cardiologue de province. Évidemment, les quelques contacts que j’ai eus au fil des années avec la presse ne sont dus qu’à la relative renommée de Grange Blanche, certainement pas à la pratique de mon métier. Je n’en tire donc aucune fierté ni gloriole. Beaucoup de blogueurs sont sollicités régulièrement par la presse.

Mes contacts avec la presse ont toujours été agréables et cordiaux. Il est néanmoins souvent assez difficile de faire passer l’idée qu’un problème n’est pas tout noir ou tout blanc, et qu’une situation peut être beaucoup plus subtile qu’il ne le paraît à première vue. Je ne parle même pas d’expliquer un mécanisme physio-pathologique, exercice pour lequel je suis particulièrement mauvais.

Une seule fois, mais quelle fois, j’ai été impressionné par la maîtrise du sujet par mon interlocutrice, c’était au cours d’une discussion avec Sylvie Riou-Milliot, une consœur, journaliste du magazine Science et Avenir. Quel puits de science…

Bref, pour en revenir à l’histoire, mon interlocuteur s’intéressait au Disease Mongering, et notamment à l’ostéoporose et au Protélos® (crier haro sur Servier, en ce moment, c’est très tendance!). Je lui ai confirmé que j’en avais parlé sur Grange Blanche, mais que ce n’était pas ma spécialité, et je lui ai donné un nom à contacter, référence sur le Disease Mongering. Il le connaissait déjà.

Puis j’ai eu une illumination. Quelle idée d’aller chercher ailleurs une perle que l’on a chez soi, Jean-Daniel connait parfaitement le problème, et son esprit critique est aiguisé.

Stupeur, mon interlocuteur ne le connaissait que très vaguement et que de nom. Finalement, devant ma surprise, il m’a précisé qu’il ne faisait pas partie de France 2, mais travaillait pour une boite bossant pour la chaîne.

Encore un exemple d’externalisation du traitement de l’information qui fait se poser des questions sur sa crédibilité. Quand on regarde un reportage sur France 2, il y a de forte chance que la chaîne n’ait fait que l’acheter.

(Quand vous lisez un truc sur Grange Blanche, sauf mention contraire et c’est rarissime, c’est moi qui en suis l’auteur)

J’ai parlé avec Jean-Daniel ce soir, l’histoire l’a beaucoup fait rire (jaune).

Apostille de la note précédente

Comment écrire une note de qualité sur son blog?

D’abord qu’est-ce qu’une bonne note? De quel point de vue se place-t-on?

Une bonne note est une note qui plaît? qui apprend? qui suscite le débat?

A mon avis, les trois. 

La question du point de vue est plus complexe. Une note peut sembler bonne à son auteur, mais pas aux/à la majorité des lecteurs.

Il arrive assez souvent que les notes qui me paraissent bonnes ne suscitent que peu de commentaires, qu’ils soient positifs ou négatifs (leur tonalité n’a aucune importance pour moi, du moment qu’ils sont enrichissants). L’inverse est vrai. Je torche parfois une note qui me paraît médiocre, mais elle induit 10 commentaires, 7RT, 1 j’aime sur FB… Je trouve cette situation à la fois ironique et frustrante, mais elle me fait bien rire quand même. C’est même in fine assez bon pour l’ego. J’arrive à donner naissance (mais tous les blogueurs y arrivent) à des notes qui ont, grâce à vous, une vie propre, indépendante de ma volonté (en dehors de l’impulsion initiale).

Le pire pour moi est donc l’absence de réaction de mes lecteurs, c’est même bien pire que de ne pas être lu. Ma note sur les livres a été publiée il y a 3 heures, a été lue à cette minute 110 fois, a généré 9 commentaires (aucun de ma part) et a été RT/citée sur Twitter plusieurs fois (difficile de savoir combien de fois exactement). C’est donc à ma toute petite échelle un énorme succès. Ça tombe bien, j’aime bien cette note…

Ceci étant posé, pour faire une bonne note, voilà ce que j’essaye de faire.

Première condition (primordiale), il faut avoir de bons lecteurs.

Vous me direz que c’est le serpent qui se mord la queue, car comment avoir de bons lecteurs en ne sachant pas comment faire de bonnes notes… C’est pas faux, mais je n’ai jamais dit que ce serait facile.

Deuxième condition, il faut ressentir l’envie, au mieux physique, d’écrire.

Que je déteste les notes qui ressemblent à ça:

Salut les gars, ça fait 3 mois que j’ai rien écrit ici. J’ai été pas mal occupé. Je sens que je vais bientôt écrire une note. @+

Moi je ne fais pas ça (mais ça revient au même), je publie des vidéos de Youtube. Vous l’avez remarqué, n’est-ce pas? Quand j’ai pas envie d’écrire, mais un peu quand même, ou que j’ai un peu honte de laisser GB se couvrir de poussière, je dégaine Youtube. La valeur d’un blog se mesure aussi par la capacité de son auteur à rester silencieux (ou c’est que le blog est mort). J’ai donc une grosse marge de progression.

Troisième condition, il faut commencer à écrire avec une idée préconçue et un angle d’attaque clair.

Si vous changez l’un ou l’autre dix fois au cours de la rédaction de la note, ce n’est pas grave, c’est que vous avez enrichi votre réflexion. Mais il faut partir de quelque chose.

Quatrième condition, il faut écrire pendant que le clavier est encore chaud.

Cette condition se discute (ce qui est très paradoxal). Mais je préfère ne pas laisser murir une idée et la faire murir par vous que d’aller me coucher et reprendre le clavier le lendemain. Mais parfois, une nuit de réflexion peut apporter une grosse plus-value, surtout si le ton de la note devait être acerbe/critique/vengeur… J’écris directement sur l’interface WordPress, je fais très rarement des brouillons (rarissimes notes écrites à plusieurs mains).


Cinquième condition, ne pas écrire sur autrui ce qu’on ne voudrait pas qu’il soit écrit sur soi.

Difficile, mais j’en ai fait l’amère expérience. Une note pour laquelle j’aurais dû aller me coucher d’abord. Ça me servira de leçon, comme quoi, même avec beaucoup d’expérience, on peut franchir la ligne.

Sixième condition, contrôlez trois fois ce que vous écrivez, n’acceptez pas l’approximatif, au mieux citez vos sources (remarque ancillaire, créditez toujours vos emprunts).

Attention à la syntaxe. Bon, je dis ça, mais en prenant de l’âge j’ai pris la fâcheuse habitude de publier avant d’avoir tout relu et contrôlé 10 fois (C’est ça les publications impérieuses?). D’où des approximations et des fautes…

Septième condition, pour les soignants écrivez une note en faisant en sorte que le patient dont vous parlez ne soit pas capable de se reconnaître si il la lisait.

Pas facile, c’est un des avantages de l’anonymat. Une note n’est pas un punching-ball avec une tête de patient.

Huitième condition (primordiale), n’écrivez pas pour être lus. Écrivez pour vous.

La contradiction n’est qu’apparente avec la première condition. Évitez la démagogie et le populisme. Soyez vous-même, je dirais presque soyez élitistes. C’est une excellente façon de trier ses lecteurs, par conséquent de s’améliorer et d’améliorer encore ses lecteurs. Une espèce de cercle vertueux ascendant. On me reproche assez souvent de ne pas être pédagogique, de manier des concepts sans les expliciter. C’est presque voulu. Primo car être pédagogique demande des qualités que je ne possède pas. Secundo, car je ne souhaite qu’une chose, c’est que le lecteur d’une note qui ne lui est pas totalement accessible pose des questions dans les commentaires, qu’il ouvre un autre onglet pour aller chercher ce qui lui manque dans Google. Je souhaite que le lecteur soit curieux, ouvert d’esprit, actif, qu’il aille chercher l’information, qu’il se fasse lui même sa propre idée, même si elle est l’inverse de la mienne (au contraire!).Trinch!

Pour cela, j’ai l’immense chance de vous avoir, et je ne dis pas ça pour être démagogue ;-) .

Neuvième condition (primordiale), faites comme vous le sentez, n’écoutez pas les autres, soyez vous-même.