A propos Jean-Marie Vailloud

Cardiologue de formation, je suis aussi l'administrateur du blog Grange Blanche.

Quizz de dermatologie (enfin presque)

(Cliquez pour agrandir)

Cette belle sirène a été tracée par un copain de chambrée (ou de taule…) de ce sympathique patient, il y a de cela bien longtemps. Admirez les détails de la nageoire caudale avec ses rayons. 

J’espère que le copain n’est pas devenu, depuis, un peintre illustre, comme Modigliani dans le film “Le Tatoué”. Sinon, depuis la sternotomie, ce dessin aurait perdu énormément de sa valeur.

Vous pouvez en effet remarquer que les bords de la cicatrice n’ont pas été suturés en face. On le voit très bien au niveau du bras droit de la sirène, qui reposait sensuellement le long de son flanc…

Sur toute la hauteur du dos, il a une représentation, probablement du même auteur, de la crucifixion du Christ avec Marie et Marie-Madeleine en prières, qui n’est pas sans évoquer un tableau de Raphaël.

J’espère qu’il n’aura pas de chirurgie rachidienne un de ces jours…

Le Roi des Aulnes: Schubert, Liszt et Goethe

Qui chevauche si tard à travers la nuit et le vent ?

C’est le père avec son enfant.

Il porte l’enfant dans ses bras,

Il le tient ferme, il le réchauffe.

« Mon fils, pourquoi cette peur, pourquoi te cacher ainsi le visage ?

Père, ne vois-tu pas le roi des Aulnes,

Le roi des Aulnes, avec sa couronne et ses longs cheveux ?

— Mon fils, c’est un brouillard qui traîne.

— Viens, cher enfant, viens avec moi !

Nous jouerons ensemble à de si jolis jeux !

Maintes fleurs émaillées brillent sur la rive ;

Ma mère a maintes robes d’or.

— Mon père, mon père, et tu n’entends pas

Ce que le roi des Aulnes doucement me promet ?

— Sois tranquille, reste tranquille, mon enfant :

C’est le vent qui murmure dans les feuilles sèches.

— Gentil enfant, veux-tu me suivre ?

Mes filles auront grand soin de toi ;

Mes filles mènent la danse nocturne.

Elles te berceront, elles t’endormiront, à leur danse, à leur chant.

— Mon père, mon père, et ne vois-tu pas là-bas

Les filles du roi des aulnes à cette place sombre ?

— Mon fils, mon fils, je le vois bien :

Ce sont les vieux saules qui paraissent grisâtres.

— Je t’aime, ta beauté me charme,

Et, si tu ne veux pas céder, j’userai de violence.

— Mon père, mon père, voilà qu’il me saisit !

Le roi des aulnes m’a fait mal ! »

Le père frémit, il presse son cheval,

Il tient dans ses bras l’enfant qui gémit ;

Il arrive à sa maison avec peine, avec angoisse :

L’enfant dans ses bras était mort.

Goethe (1782)

Chaque fois que je lis ce poème, je pense urgences pédiatriques. Souvenirs d’un papa qui a emmené dans ses bras un soir au pavillon S un bonhomme avec un purpura fulminans. Heureusement le petit s’en est sorti. J’étais externe et je m’en souviens encore.