Juste en passant…

Deux articles intéressants dans la presse étasunienne.

Le premier, dans le NYT parle de la pharmacogénétique, décidément bien en vogue en ce moment (j’en avais parlé ici).

Le second pointe l’échec du programme encourageant l’abstinence sexuelle avant le mariage aux EU. Non seulement 82% des serments d’abstinence sont rompus au bout de 5 ans, mais en plus les jeunes qui prêtent ces serments sont moins enclins à utiliser le préservatif.

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Un anneau de chasteté (j’aime bien la forme…).

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Patient’s DNA May Be Signal to Tailor Medication.

By Andrew Pollack

The New York Times

December 30, 2008

Premarital Abstinence Pledges Ineffective, Study Finds.

By Rob Stein

The Washington Post

Monday, December 29, 2008; Page A02


bœuf 2.0

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Quiconque veut parler du phénomène “web 2.0″, que ce soit pour l’encenser ou pour prédire sa fin prochaine (ou passée) cite le bouquin de James Surowiecki,La sagesse des foules” (Editions Jean-Claude Lattès), en anglais “The Wisdom of Crowds”.

Je ne vais pas revenir sur le concept qui ne m’intéresse pas plus que cela, mais sur un des exemples de cette sagesse des foules, cité par Surowiecki. L’idée générale est qu’une connaissance ou qu’une décision apportée par un groupe d’individus “lambda”, c’est à dire non éduqués, sera toujours meilleure que celle fournie par un seul individu “éduqué”, c’est à dire un “expert”.

L’anecdote a été publiée le 7 mars 1907, sous le titre “Vox Populi” dans le très prestigieux magazine Nature, par le non moins prestigieux Francis Galton. Ce dernier a assisté à Plymouth à une foire paysanne, et notamment à un concours au cours duquel il fallait deviner le poids de viande préparée à partir d’un bœuf présenté vivant aux compétiteurs. Le carton coutait 6 pennies, et chaque participant devait y inscrire son nom et le poids qu’il pensait être le plus juste.

Huit cent personnes ont participé à ce concours, Galton a analysé 787 cartons, 13 étants non exploitables.

La médiane des propositions était de 1207 lbs (environ 547 kg), alors que la réponse était 1198 lbs. Soit une erreur tout à fait acceptable. Pourquoi la médiane, et non la moyenne ? Tout simplement car Galton pensait que la médiane était plus “démocratique”. Mais en définitive, dans cet exemple précis, la moyenne des propositions était encore plus proche de la réalité puisque Galton la donne dans une réponse à un commentaire le 28 mars 1907: 1197 lbs (soit une différence de 1 lb, soit environ 450 g)!

Un dénommé FH Perry-Coste pointe tout de même un biais que l’on va retrouver cent ans plus tard dans cette belle notion de sagesse des foules appliquée au web 2.0: la foule qui estime le poids “utile” de l’animal, comme la foule qui va “faire” le web 2.0, que l’on oppose l’une et l’autre à l’opinion des “experts” est en fait composée en partie d’experts! Toute la question repose sur la proportion d’experts au sein de cette foule.

Mais on aura beau dire, malgré leur démocratisation galopante, l’accès aux technologies de la toile filtre déjà une grande partie de la population générale. Par ailleurs, l’accès aux connaissances qu’a cette sous-population est tellement facile, une fois le premier filtre passé, qu’il devient alors difficile de parler de “foule non éduquée”. Je ne crois pas que le nombre fasse la qualité, mais plutôt l’accès aux connaissances d’une population de plus en plus importante. Après, il reste l’épineux problème du tri de la masse d’informations sur la toile, mais cela est une autre histoire…


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Galton F. Vox populi. Nature 75, 450 – 451 (07 Mar 1907)

Galton F. The Ballot-Box. Nature 75, 509 – 509 (28 Mar 1907)

La Toile change de version et passe au 2.0” par Philppe Eveillard. (cet article remarquable fait partie d’une série non moins remarquable de textes collectés et parfois écrits par Dominique Dupagne: “Médecine 2.0“)

Les crimes du Dr. Watson.

J’ai reçu ce bouquin pour Noël (merci Laetitia):

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Ce livre vous plonge dans l’atmosphère victorienne, puisqu’il relate une énigme policière arrivée au fameux Dr. Watson, inséparable compagnon de Sherlock Holmes. Mais comme Holmes est à ce moment présumé mort, après une chute dans la cascade de Reichenbach, c’est à vous de résoudre cette énigme, afin de sortir le bon Docteur du fond de sa geôle d’où on l’a jeté pour un crime qu’il n’a pas commis.

Le livre comporte des indices qui vous conduiront à la solution: manchette de journal, billet de théâtre, carte postale…

Vous y trouverez aussi une courte aventure de Sherlock Holmes, écrite par Arthur Conan Doyle lui-même (Le problème final, 1893).

De quoi vous creuser les méninges pendant un bon moment.

Les holmésiens ont plutôt fait bon accueil à ce livre, et en font une critique intéressante.

Conan Doyle était médecin (comme quoi, le dicton “La Médecine mène à tout, à condition d’en sortir” se vérifie encore une fois) et c’est sa rencontre avec un très brillant clinicien, le Dr Joseph Bell (de la même famille que le Bell de la paralysie), qui lui a inspiré le personnage de Holmes. Le Dr Bell avait l’habitude d’étonner ses élèves par des capacités de déduction peu ordinaires qu’il exerçait sur ses patients.

Pour en savoir un peu plus sur le Dr Bell, vous pourrez consulter cet article de Wikipedia.

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Les crimes du Dr. Watson: une énigme Sherlock Holmes interactive

Duane Swierczynski

Editions Tornade