Médicaments innovants 2014

La HAS vient de publier son rapport annuel pour 2014. 144 pages de langage HASien, quel délice, mieux qu’une pluie fraiche en cette période de chaleur…

J’ai retenu néanmoins un graphique:

Capture d'écran 2015-07-05 11.01.15

Nous pouvons constater, que tout comme ces dernières années, l’innovation pharmaceutique est malheureusement en panne. Ce constat tranche bien évidemment avec le discours du LEEM et de la visite médicale. Ce n’est pas nouveau non plus.

Quand même, les chiffres sont effarants: 159 ASMR sur les 185 déposées en 2014 (soit 85,9%!) concluent à une absence de progrès par rapport aux molécules de référence. (Je ne compte pas les 3 « commentaires », je ne sais pas ce que c’est…)

En 2008, Christian Lajoux, alors président du LEEM, avait été interrogé par Quotidien du Pharmacien (QduM du 17/01/2008):

Enfin, Christian Lajoux, président du Leem (Les Entreprises du médicament), interrogé par notre confrère « le Quotidien du Pharmacien », estime que l’attitude de « Que choisir » constitue «un rejet de l’innovation thérapeutique qui revient à considérer qu’il faut traiter les patients avec des médicaments d’occasion».

Le marché de l’occasion se porte donc de mieux en mieux…

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Sur les 10 dernières années (sauf 2013 dont je n’ai pas retrouvé le rapport), le constat n’est pas meilleur:

Capture d'écran 2015-07-05 14.21.15 ASMR2

La disparition (du paragraphe).

Je suis tombé sur cet excellent article du Guardian qui prédit la disparition du paragraphe au profit de la succession de phrases courtes.  Cet article devrait parler à tous les blogueurs qui, consciemment ou pas, écrivent pour être lus, si possible jusqu’à la dernière ligne. Aucune règle ne définit la longueur d’un paragraphe. Arrivé à ce point,  en écrivant ces lignes, à tort ou à raison, je me dis qu’il faudrait « aérer » mon texte en allant à la ligne et ainsi créer un paragraphe. Mais pour illustrer cette note sur le paragraphe, j’ai décidé qu’il n’y en aurait qu’un.  Le paradoxe est qu’à force de morceler un texte en multipliant les sauts de ligne, pour complaire à la twitterification de l’écriture, 140 car. max. abr. comprises, on en arrive à une succession de phrases, sans plus aucun paragraphe. L’aspect des notes de blogs rappelle alors énormément les textes des manuels d’apprentissage de la lecture. Je me suis amusé à compter le nombre de lignes entre chaque saut de ligne, un paragraphe donc, de mes dernières notes. J’ai pris les 100 derniers consécutifs, en excluant les citations et cette note. Sur 100 paragraphes, 21 n’en sont pas, puisque ce sont des phrases, voire un mot isolé. le « paragraphe » le plus court fait donc une ligne, le plus long 9. Pas un seul paragraphe de 10 lignes ou plus! La moyenne est de 3.35, la médiane de 3. Est-ce un mal ou un bien? D’un côté je regrette les textes construits « à la Michel Tournier », d’un autre, la lecture sur écran et le flux continu d’information que nous lisons chaque minute ne permet tout simplement plus d’écrire ou de lire des textes capiteux.

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Le blog d'un cardiologue.

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